1001 parallèles entre l’entrepreneuriat et le dating

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En tant que (encore un peu) jeune (?!) lesbienne célibataire depuis quelques mois, je ne pouvais pas attendre plus longtemps pour tester certains sites de rencontres sur le web. Après tout, quand tu es gaie, que tu ne trippes pas trop sur les bars et que tu veux rencontrer plus facilement, le web est un incontournable.

Alors voilà, je me suis jetée à l’eau, j’ai fait ma sortie de zone de confort et j’ai créé mon profil sur 5 sites différents, question de voir de quoi il en retourne. Oh, évidemment, j’y vais sans attente aucune (yeah right!) parce que les sites de rencontre, c’est pas moi ça!! (Et je fais complètement fi du fait que c’est sur internet que j’ai rencontré celle qui est aujourd’hui mon ex… en 1999… dans une salle de chat, dans le temps où il y avait MiRC….!)

Après quelques semaines de tests, je vois tellement de parallèles entre les sites de rencontre et l’entrepreneuriat que je pratique sur le web, que j’ai décidé de vous partager quelques-unes de ces découvertes mirobolantes.

 

La Geek en moi se demande…

Première question existentielle qui est montée en moi, lorsque j’ai téléchargé les Apps des divers sites sur mon iPhone est la suivante : dans quel DOSSIER je dois classer ces Apps ? Est-ce que je les places dans le dossier SHOPPING ?  Parce que c’est un peu ça non ? On se magasine quelqu’un, à partir d’un catalogue qui ressemble pas mal à une boutique e-commerce…

Pour percer ce mystère et trouver réponse à cette question cruciale, j’ai décidée de poser la question à mon téléphone. En glissant 2 App ensemble, mon iPhone a suggéré le nom suivant pour le nouveau dossier créé : AMIS. Bon, ok, ça peut aller… Il me reste à décider si au final je renommerai le dossier « friends with benefits » qui ne me ressemble pas du tout, ou « relation amoureuse » … c’est à suivre.

Il ne faut pas se le cacher, les rencontres en ligne ressemblent beaucoup à du réseautage d’affaires. Seulement, plutôt que d’échanger des cartes d’affaires avec des clients potentiels, on échange des messages écrits. Et plutôt que de vouloir faire des ventes, on recherche des échanges de « body fluids » … ou de belles discussions et des regards profonds pour trouver le grand amour, c’est selon.

 

Tester 5 sites, vraiment? You are THAT desperate?

Bah non je suis pas du tout désespérée ! Bien au contraire, je trouve cette démarche aussi amusante que triste, aussi riche en émotions que vide de sens par bout, aussi weird que drôle, aussi touchante que troublante, bref il faut le vivre pour en découvrir toutes les ramifications émotives qui s’y rattachent. Parce qu’on parle ici de relations humaines, et ça ben, si on est un tantinet à la recherche de relations conscientes comme je le suis, ça ne peut qu’être enrichissant.

Alors pourquoi tester plusieurs sites ? La célibataire que je suis le fait pour découvrir les types de clientèles qui se retrouvent sur les divers sites. Déformation professionnelle, j’en convient ! Ça varie beaucoup d’un site à l’autre. Et je crois que c’est en testant qu’on peut découvrir la ou les plateformes qui nous conviennent, qu’on aime, et où on se sent à l’aise et entouré de gens qui nous ressemblent. Il est plus facile ensuite de décider sur quelle plateforme on devient un membre « payant ».

La passionnée du marketing que je suis le fait pour voir les stratégies derrières chaque plateforme. Et wow je suis bien servie ! Si vous avez envie de faire un apprentissage en accéléré des achats intégrés dans les Apps, vous devez aller y faire un tour ! Je dois lever mon chapeau aux Apps de sites de rencontres : les stratagèmes utilisés pour inciter les gens à passer du « gratuit » au « payant » sont d’une finesse souvent douteuse mais redoutable. De la manipulation émotive à l’état pur…

 

La vie en région

img_3294Comme je partage actuellement mon temps entre Montréal et Matane, j’ai positionné mon profil à Matane pour voir qui me serait proposé localement. Parce que tsé… l’achat local c’est « IN » en ce moment…

Eh bien… il y a tellement peu de femmes présentent sur les sites de rencontre dans mon coin que je me fais proposer qui comme « personne compatible »? Moi-même…

Oui, c’est vrai qu’en affaires, on est jamais si bien servi que par soi-même mais en amour… disons que ça peut avoir certains avantages d’être deux?

 

 

 

La copywriter en moi découvre que…

 

Premier constat : une image vaut mille mots

On aura beau clamer que « MOI je suis différente » et qu’on ne se fit pas JUSTE à l’apparence physique, que ce soit en affaires ou sur les sites de rencontre, l’étape 1 de sélection sur le web se fait invariablement par la photo de la personne.

Il suffit de passer quelques minutes sur LinkedIn pour se rendre compte à quel point nous sommes fortement influencés par la photo de profil des candidats ou fournisseurs en affaires. Sur les sites de rencontre ce n’est pas différent : on a beau dire « l’apparence n’est pas le seul critère pour trouver l’âme sœur », ça reste que si ça clic pas au premier regard avec les photos du profil, on passe au suivant sans même aller lire la description qui va avec. On est juste fait comme ça, il faut s’assumer !

 

Second constat : la sélection naturelle s’opère par la bio

En affaires, lorsqu’on souhaite trouver un nouveau fournisseur de services, on cherche, on fouille le web, et on lit ce qu’on trouve au sujet de diverses personnes avant de décider qui aura droit à un premier contact. Sur les sites de rencontre, c’est la même chose.

La copywriter en moi est définitivement bien servie sur les sites de rencontre. Quel pur plaisir de lire les descriptions plus ou moins (ou pas pantoute!) originales des divers profils de femmes d’un peu partout! Des heures de plaisir.

Troisième constat : la pré-qualification est importante mais…

En affaires, dans une lettre de vente ou sur un site web, il est important de dire à qui on s’adresse clairement, et même d’aller une étape plus loin et de mentionner à qui on ne s’adresse PAS, pour s’assurer d’attirer à nous des clients idéaux avec qui on aura du plaisir à travailler.

Sur les sites de rencontres, il est important de dire qui on est, avec qui on a envie de passer une nuit ou le reste de notre vie, et parfois même de mentionner avec qui on ne veut PAS se retrouver, pour s’assurer d’attirer à nous la femme idéale avec qui on aura du plaisir… Certaines y vont d’une liste de pré-qualification inexistante de type « J’aime tout, venez me jaser », alors que d’autres y vont d’une liste de pré-qualification tellement longue qu’il ne reste que 3 personnes sur la planète qui pourraient potentiellement être un bon match !

 

Quatrième constat : la preuve sociale n’est pas nécessairement un atout

Ce constat est celui qui est le plus troublant je crois.

En affaires, sur une page de vente, il est dangereusement efficace pour convaincre les clients potentiels d’acheter nos services, d’y inclure de nombreux témoignages de clients satisfaits. Ces témoignes sont ce qu’on appelle de la « preuve sociale » qui vient appuyer notre crédibilité et augmenter le lien de confiance entre le client potentiel et l’entrepreneur.

Sur les sites de rencontre, c’est le SEUL endroit où j’ai réalisé que la preuve sociale en grande quantité peut en fait avoir un effet inverse, c’est-à-dire de rebuter une relation potentielle.

Imaginez si, sur le profil d’une jolie femme, vous retrouvez 62 témoignages de ses ex qui parlent de ses talents… oups ! Pas certaine que ça vous donnera le goût de la contacter n’est-ce pas ? (Bon ok je sais que pour certain ça donnerait le goût, parce que ce serait preuve d’une grande « expérience » mais bon… le risque est tout aussi grand que ce soit signe d’une immense instabilité émotionnelle !).

Un trop grand nombre de témoignages d’ex peut porter à croire que la personne est soit une player née, soit légèrement instable émotivement, ou incapable d’engagement. On passe au prochain appel…

 

Cinquième constat : l’écrit a ses limites

J’adore écrire. En affaires comme dans les échanges humains, je passe des heures chaque semaine à écrire.

En affaires, j’écris mes idées, mon parcours, mes offres, etc. Sur les sites de rencontre, j’échange à l’écrit avec la personne que je souhaite découvrir davantage.

Dans un cas comme dans l’autre, il faut se courtiser, s’ouvrir, se faire confiance presque aveuglément, puis aller vérifier s’il y a une chimie réelle avant d’aller plus loin dans la relation.

Dans les deux cas, il faut ensuite passer à un contact plus concret à un moment ou un autre car l’écrit a une limite importante : on ne voit pas le non-verbal de l’autre. Ce manque d’accès au non-verbal peut créer certains problèmes au fil des échanges.

Personnellement, bien que je ressente souvent les gens à distance, il m’est parfois difficile de lire entre les lignes de l’écrit et une légère peur que l’autre puisse mal interpréter mes propos peut créer une légère incertitude. En affaires et en amitié on y remédie avec une rencontre en personne ou par Skype, question de voir le visage, entendre la voix, et découvrir la gestuelle de l’autre. Sur les sites de rencontre, on passe un moment donné au téléphone et/ou à une rencontre en personne.

C’est uniquement à ce moment qu’il est possible de voir si la connexion intellectuelle et la connexion de valeurs personnelles qui s’est créé à l’écrit se combinera à une connexion physique, une attirance mutuelle, ou non.

En affaires, toute rencontre peut nous apporter ou nous apprendre quelque chose. On peut y apprendre sur nous-même, sur l’autre. On peut y gagner un nouveau client, ou une amie, ou encore une relation d’affaires qui débouchera sur des références ou un partenariat.

Sur les sites de rencontre, le moment où l’on décide de passer du virtuel au réel est à la base remplie d’anticipation positive, et peut être très amusant, agréable… ou non. Une chose est certaine : si vous aimez l’Humain, si vous aimez grandir, chaque rencontre est invariablement enrichissante.

 

Être prête à vivre du rejet

En affaires, on doit être prête à vivre certaines formes de rejet : un client qui décide de travailler avec un concurrent, un partenaire d’affaires qui nous laisse tomber… et tout cela est très similaire lorsqu’on amorce l’utilisation des sites de rencontres !

Un premier rejet peut être vécu lorsqu’on envoie un message à quelqu’un et que ce message reste sans réponse. Oui, ça arrive assez souvent parce que les gens n’ont pas d’étiquette sur le web on dirait ! Avoir la décence, le respect de répondre à l’autre, même si c’est pour dire « désolé mais pour moi ça clic pas », ce n’est pas donné à tout le monde malheureusement.

Ensuite il y a un risque de vivre du rejet lors d’une première rencontre. Ça peut cliquer en amitié, mais pas pour aller plus loin. Comme ça peut ne même pas cliquer pour quoi que ce soit ! Il faut donc être prête à vivre certaines émotions qui pourront faire plus ou moins mal, selon qui on est.

Ce qu’il y a de bon dans ce processus graduel est que, tout comme en affaires, on devient rapidement assez bon pour déceler un client qui sera problématique dès le départ… on réalise aussi assez vite qu’une fille qui pète sa coche au deuxième texto, qui est jalouse après 2 soirées de discussion sur le chat… ce n’est vraiment pas bon signe pour la suite et on passe au prochain appel !

 

L’infopreneur en moi se dit que…

En affaires, je coach mes clients à déceler les endroits dans leur pratique où ils ont tendance à jouer au perroquet, c’est-à-dire à répéter sans cesse la même information. Ce sont ces portions de contenu qu’il est souvent préférable de convertir en produit d’information en premier car cela permet aux gens d’apprendre le contenu AVANT une rencontre en personne. L’impact qu’on peut avoir sur notre client en coaching ensuite est décuplé.

Dans le processus de rencontre, un peu le même principe se produit ! Il pourrait quasiment devenir pertinent de créer un infoproduit du type « 27 secrets à connaître au sujet de Stephanie avant d’aller prendre un café avec elle » avec, en bonus, « 3 stratégies pour séduire Stéphanie à tout coup », que je pourrais faire visionner à toutes femmes avant une première rencontre en personne 😉

 

Processus d’embauche versus processus de rencontre

 

Pour conclure, il m’apparait très clair que le processus d’embauche en affaires est très similaire au processus de rencontre. Voici pourquoi, en 5 étapes :

 

Étape 1 : Première sélection

Affaires : Parfois notre cv se rend directement dans le bac de recyclage, parfois il va sur le bureau du boss.

Amour : Parfois notre profil passe inaperçu complètement, parfois il accroche le regard de l’autre.

 

Étape 2 : Première entrevue

Affaires : Parfois, nous sommes invités à une première entrevue téléphonique pour déterminer s’il y a un potentiel d’embauche.

Amour : Parfois, nous sommes invités à une première discussion pour déterminer s’il y a un potentiel de connexion.

 

Étape 3 : Seconde entrevue

Affaires : Si la première entrevue est concluante, il y a invitation à une seconde entrevue en personne.

Amour : Si la discussion est intéressante, on passe à une rencontre en personne pour voir si la chimie s’opère.

 

Étape 4 : Test physique

Affaires : Si la seconde entrevue est positive, on passe au test physique et médical.

Amour : Si la rencontre en personne est concluante et que l’attirance est mutuelle, on passe plus ou moins rapidement au test physique, selon notre personnalité. 😉

 

Étape 5 : Embauche finale

Affaires : Une fois le processus terminé, c’est l’embauche finale et on commence à travailler.

Amour : Une fois le test physique passé, un début de relation s’opère et on commence à s’amuser !

 

Voilà les constats que je découvre suite à mes premières incursions dans le merveilleux monde du dating en ligne !

 

Amicalement et/ou amoureusement (…c’est à suivre !),

 

Stéphanie Hétu, lifestyle entrepreneur et stratège marketing

Stéphanie
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P.s. : Autre constat important… si, grâce à la géolocalisation, le site te dit que la personne est à 100km de ta position, ça peut vouloir dire 1h de route OU 3 heures de traversier… pis ça ben c’est pas tout à fait la même affaire !

 

P.p.s : Quand tu as un métier qui pique la curiosité et une expertise qui est utile et que tu tombes sur d’autres entrepreneures, il s’avère que parfois, tu es plus attractive sur le plan « brain picking » que sur le plan « potentiel relationnel »… ouch ça c’est dur pour l’égo quand ça arrive! Mais bon… ça fait partie de la game il faut croire… il suffit de revoir un peu le processus de pré-qualification 😉

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